On peut remplacer la condition $\mathbf{b}$ par :
$$ \forall \lambda \in \K \ , \ \forall (x,y) \in F^2 \quad : \quad
\lambda x + y \ \in
F.$$
ou par :
$$ \forall \lambda \in \K \ , \ \forall (x,y) \in F^2 \quad : \quad x+y \in F \textrm{ et }
\lambda x \in F.$$
on dit aussi que $F$ est stable par l'addition et la multiplication par un scalaire (ou
stable par une combinaison linéaire).
Si $F$ est un s-e-v de $E$, alors $F$ n'est pas vide, donc contient au moins un élément $x$,
donc $-x\in F$ puis $0_E=x-x\in F$. Ainsi $F$
contient $0_E$. Donc généralement, pour montrer que $F\neq \emptyset$, on montre que $0_E\in
F$.
Exemples
$\{0_E\}$ et $E$ sont des s-e-v de $E$.
Si $n \in \N$, $\K_n[X]$, ensemble des polynômes de $\K[X]$ de degré inférieur ou
égal à
$n$, est un sev de $\K[X]$.
L'ensemble des polynômess de degré exactement $n$ n'est PAS
un s-e-v de $\K[X]$; en effet,
il ne contient même pas le polynôme nul!
Si $I$ est un intervalle de $\R$, l'ensemble $\mathscr{C}(I,\R)$ des fonctions
continues sur $I$
à valeurs réelles est un s-e-v de $\mathscr{A}(I,\R)$.
$\textcolor{red}{\text{Non}^{\text{NON}}}$ l'ensemble $F=\{(x,y,z)\in \R^3,\,\, xyz=0\}$ n'EST pas un s-e-v
(TPC 2007--P1)
Soit $F=\Bigg \{ M(a,b,c)=\left(%
\begin{array}{ccc}
a & c & b \\
b & a & c \\
c & b & a \\
\end{array}%
\right) ; \, (a,b,c) \in \mathbb{C}^3 \Bigg
\}$. Montrer que $F$ est un s-e-v de $\MM_3(\C)$.
Correction
La matrice $0\in F$, puisque on peut écrire $0=M(0,0,0)$. Donc $F\neq \emptyset$.
Remarque: On verra dans la suite, comment on peut montrer ce résultat avec
une autre méthode (voir exercice ci-après).
$F$ est un s-e-v de $(E,+,\cdot)$ alors $(F,+,\cdot)$ est un $\K$-espace vectoriel.
Si $(E_i)_{i \in I}$ est une famille quelconque de sev de $E$, leur intersection
$\dsp \bigcap_{i\in I}{E_i}$ est encore un
sev de $E$.
Démonstration :
Notons $F=\dsp\bigcap_{i\in I}{E_i}$.
On a $F\neq \emptyset$ : en effet, pour tout $i\in I$, $0_E \in E_i$ donc $0_E\in F$.
Si $x,y\in F$ et si $\lambda\in \K$, alors $x,y \in E_i$ pour tout $i\in I$ donc $\lambda x+y \in E_i$ car
$E_i$ s-e-v de $E$,
donc finalement $\lambda x+y \in F$.
(et définition)
Soit $X$ une partie quelconque d'un $\K$-EV $E$.
D'après la proposition précédente, l'intersection de tous les sev de $E$ qui contiennent $X$
est encore un s-e-v de $E$;
C'est en fait le plus petit (pour l'inclusion) s-e-v de $E$ contenant $X$;
On l'appelle s-e-v engendré par $X$, et on le note $\Vect(X)$
.
Exemples
$\Vect ( \emptyset )=\{0_E\}$
$F$ est un s-e-v de $E$ si et seulement si $\Vect(F)=F$.
Remarques
La réunion de sev de $E$ n'est pas, en général, un sev de
$E$.
Si $A$ et $B$ sont deux sev d'un EV $E$, $A \cup B$ est encore un sev de $E$ si et seulement
si
$A \subset B$ ou $B \subset A$.
Démonstration:
L'implication $\Leftarrow$ est immédiate.
Soient $A$ et $B$ deux s-e-v de $E$, tels que $A \cup B$ est encore un s-e-v. On raisonne par l'absurde :
la négation de la proposition «$A \subset B$ ou $B \subset A$» est «$A \nsubseteq $B et $B \nsubseteq A$»
i.e
qu'il existe $a\in A \text{ tq } a\notin B$ et $b\in B \text{ tq } b\notin A$.
Alors $a+b \in A\cup B$ puisque $A\cup B$ est un s-e-v, donc $a+b \in A$ ou $a+b \in B$.
Si, par exemple, $a+b \in A$, on aurait $b=(a+b)-a \in A$ puisque $A$ est un s-e-v, d'où la contradiction.
Combinaison linéaire
Une famille $(\lambda_i)_{i \in I}$ d'éléments de $\K$ est dite à support fini
si et seulement
si l'ensemble $ \{i \in I \ , \ \lambda_i \neq 0_{\K}\}$ est fini (on dit aussi que les
$\lambda_i$ sont
presque tous nuls).
Soit $(x_i)_{i \in I}$ une famille quelconque non vide d'éléments d'un $\K$-EV $E$.
On dit que $x \in E$ est combinaison linéaire de cette famille s'il
existe une
famille $(\lambda_i)_{i \in I}$ d'éléments de $\K$ à support fini telle que :
$$x= \underset {\lambda_i \neq 0}{\dsp\sum_{i \in I}}{\lambda_i x_i}.$$
On note alors simplement $ x = \dsp \sum_{i \in I}{\lambda_i x_i}$
(somme en fait finie).
Soit $X=(x_i)_{i \in I}$ une famille quelconque non vide d'éléments d'un $\K$-EV $E$.
Alors $\Vect(X)$ est exactement l'ensemble des combinaisons linéaires des éléments
de $X$.
(TPC 2007--P2)
Soit $F=\Bigg \{ M(a,b,c)=\left(%
\begin{array}{ccc}
a & c & b \\
b & a & c \\
c & b & a \\
\end{array}%
\right) ; \, (a,b,c) \in \mathbb{C}^3 \Bigg
\}$. Montrer que $F$ est un s-e-v de $\MM_3(\C)$.
Remarque: La matrice $J=K^2$, et les matrices $K,\,K^2$ étaient données
dans le sujet du concoours (voir aussi exercice ci-après).
Somme d'une famille finie de s-e-v
Définitions
Soit $(E_i)_{1 \leqslant i \leqslant n}$ une famille de $n \ (n \in \N^*)$ sev de $E$.
On appelle somme des $E_i$ le sev de $E$ :
$$\Vect\Big( \dsp \bigcup_{1 \leqslant i \leqslant n}{E_i} \Big).$$
$\Vect \Big( \dsp \bigcup_{1 \leqslant i \leqslant n}{E_i} \Big)$ est l'ensemble des sommes
$\dsp\sum_{i=1}^n{x_i}$,
où $x_i \in E_i$ pour tout $i \in \inter{1,n}$.
D'où la notation :
$$\boxed{\Vect \Big( \dsp \bigcup_{1\leqslant i \leqslant n}{E_i} \Big) \ =
\dsum_{i=1}^n{E_i}}.$$
Démonstration :
Soit $F=\dsp \sum_{i=1}^n{E_i}$, i.e l'ensemble des sommes $\dsp\sum_{i=1}^n{x_i}$, où $x_i \in E_i$ pour tout
$i \in \inter{1,n}$.
$\mathbf{a )}\quad$ $F$ contient bien tous les $E_i$, car $x_i\in E_i$ peut s'écrire $x_i=0+\cdots+0+x_i+0+\cdots+0$.
Il contient donc leur réunion.
$\mathbf{b )}\quad$ Il est facile de vérifier que $F$ est un s-e-v de $E$. En effet, $0_E$ appartient à $E_i$ pour tout
$i$ donc appartient à $F$, et, si $x=\dsp\sum_{i=1}^nx_i \in F$ et $y=\dsp\sum_{i=1}^ny_i \in F$
avec $x_i,y_i \in E_i$ pour tout $i$, alors
$\lambda x + y = \dsp\sum_{i=1}^n (\lambda x_i + y_i)$ appartient à $F$ puisque
$\lambda x_i + y_i \in E_i$ pour tout $i$ (les $E_i$ sont des s-e-v).
$\mathbf{c )}\quad$ $F$ Enfin, si un s-e-v $G$ de $E$ contient la réunion des $E_i$, puisqu'il est stable par $+$,
il contiendra $F$.
En résumé, $F$ est bien le plus petit s-e-v de $E$ contenant
$\dsp \bigcup_{1 \leqslant i \leqslant n}{E_i}$, i.e le s-e-v engendré par cette réunion.
Somme directe
(Somme directe)
Soit $(E_i)_{1 \leqslant i \leqslant n}$ une famille de $n$ sev de $E$. On dit que la somme
$\dsp\sum_{i=1}^n{E_i}$ est directe ssi :
$$\forall x \in \dsum_{i=1}^n{E_i},\quad \exists !\,\,(x_i)_{1 \leqslant i \leqslant n} \in
\dsp
\prod_{1 \leqslant i \leqslant n }{E_i},\,\, x = \sum_{i=1}^n{x_i}.$$
On note alors :
$ \dsp \bigoplus_{i=1}^n{E_i}$ au lieu de $\dsum_{i=1}^n{E_i}$.
Exemples
$\R^2=E_1\oplus E_2$ avec $E_1=\Vect ((1,1))$, $E_2=\Vect ((1,-1))$.
$ \K_n[X] = \dsp \bigoplus_{i=0}^n \K X^i.$
(Caractérisation d'une somme directe)
Pour que la somme $\dsp \sum_{1 \leqslant i \leqslant n}{E_i}$ soit directe, il faut et il
suffit que :
$$\forall (x_i)_{1 \leqslant i \leqslant n} \in \dsp\prod_{i=1}^n{E_i},\quad \dsp
\sum_{i=1}^n{x_i}=0 \ \Longrightarrow
\forall i \in \inter{1,n}, \ x_i=0.$$.
Démonstration :
Supposons la somme directe, et soit $(x_i)_{1 \leqslant i \leqslant n} \in \dsp\prod_{i=1}^n{E_i}$ telle que
$\dsp \sum_{i=1}^n{x_i}=0$.
Puisque $0=0_{E_1}+0_{E_2}+\cdots+0_{E_n}$, l'unicité de l'écriture implique $x_i=0$ pour tout $i$.
Réciproquement, si la propriété de l'énoncé est vérifiée et si un vecteur $x \in \dsp\sum_{i=1}^n{E_i}$ s'écrit sous la forme
$x=\dsum_{i=1}^nx_i=\dsum_{i=1}^ny_i$ avec $x_i,y_i \in E_i$ pour tout $i$, alors $\dsum_{i=1}^n(x_i-y_i)=0$ avec
$x_i-y_i \in E_i$ pour tout $i$, ce qui implique $x_i-y_i=0$ soit $x_i=y_i$ pour tout
$i \in \inter{1,n}$. Il y a donc bien unicité de la décomposition, et la somme $\dsp\sum_{i=1}^n{E_i}$ est directe.
Soient $E_1,\,E_2$ deux s-e-v de $E$.
$E_1$ et $E_2$ sont en somme direct ssi $E_1 \cap E_2 = \{0_E\}$.
Remarque
Cela ne se généralise pas à plus de deux s-e-v. voir exemple ci-après.
Exemples
Dans $\R^2$ muni d'une base $(e_1,e_2)$, soient $F=\R e_1$, $G=\R e_2$ et $H=\R(e_1+e_2)$:
on a bien $F\cap G\cap H=\{0\}$ mais
la somme $F+G+H$ n'est PAS directe
(le vecteur $e_1+e_2$, par exemple, peut se décomposer de plusieurs façons différentes).
Pour que la somme $\dsp \sum_{i=1}^n{E_i}$ soit directe, il faut et il suffit que :
il existe $j \in\inter{1,n}$ , $\dsp \underset{i \neq j}{ \dsp \sum_{1 \leqslant i \leqslant
n}}{E_i}$ soit directe et que
$\dsp\underset{i \neq j}{ \dsp \sum_{1 \leqslant i \leqslant n}}{E_i}$ et $E_j$ soient en
somme directe.
Pour que la somme $\dsp \sum_{i=1}^n{E_i}$ soit directe, il faut et il suffit que :
$$\forall j \in \inter{1,n} \ , \ E_j \bigcap \dsp \underset{i \neq j}{ \dsp \sum_{1
\leqslant i \leqslant n}}{E_i} \ = \ \{0_E\}.$$
(Somme directe)
Soit $(E_i)_{1 \leqslant i \leqslant n}$ une famille de $n$ sev de $E$. On dit que
$(E_i)_{1\leq i\leq n}$ sont
supplémentaires si
$E =\dsp \bigoplus_{i=1}^n{E_i}$ .
Remarque
Cela équivaut à l'une des conditions suivantes :
$$\forall x \in E \ , \ \exists ! (x_i)_{1 \leqslant i \leqslant n} \in \dsp
\prod_{i=1}^n{E_i} \text{ tq } x= \dsum_{i=1}^n{x_i}.$$
Exemple
On considère le $\R$-EV $E=\mathscr{A}(\R,\R)$ des applications de $\R$ dans $\R$,
soit $\mathscr{P}$ l'ensemble des applications paires, et $\mathscr{I}$ l'ensemble
des applications impaires.
Alors $\mathscr{P}$ et $\mathscr{I}$ sont des sev supplémentaires de
$\mathscr{A}(\R,\R)$.
Soit $P \in \K[X]$, tel que deg($P$)= $n+1, \ n\in \N$.
Alors $\K_n[X]$ et $\K[X]P$ (l'ensemble des multiples de $P$) sont des sev
supplémentaires de $\K[X]$.
(DS-2017)
Soit $E$ un $\K$-espace vectoriel. Soit $u\in \LL (E)$ tel que
$u^3=2u^2+u-2\ide$. Avec la notation $u^2= u\circ u$, $u^3= u^2\circ u=u\circ u^2=u\circ
u\circ u$. La relation vérifiée par $u$ se traduit par,
$$\forall x\in E,\quad u^3(x)=u(u(u(x)))=2u^2(x)+u(x)-2x.$$
On pose:
$$E_1= \Ker (u-\ide),\quad E_2= \Ker (u+\ide),\quad E_3=\Ker( u -2\ide).$$
En déduire que les 3 sous-espaces vectoriels $E_1,\,E_2$ et $E_3$ ne peuvent pas
être réduit simultanément à $\{0\}$,
i.e. il y a au moins un des trois qui n'est pas réduit à $\{0\}$.
Soit $x=x_1+x_2+x_3\in E_1+E_2+E_3$, avec $x_i\in E_i$ pour $i\in \inter{1,3}$, tel
que $x=0$. Montrer alors les relations suivantes:
$$x_1-x_2+2x_3 =0,\quad x_1+x_2+4x_3=0.$$
En déduire que $x_1=x_2=x_3=0$. Que peut-on dire de la somme $E_1+E_2+E_3$.
Montrer que $E=E_1\oplus E_2\oplus E_3$.
Correction
Soit $x\in \Ker(u)$, alors
$$u(x)=0,\, u^2(x)=u^3(x)=0 \Longrightarrow 0 =2\times 0+0-2x =-2x \Longrightarrow
x=0.$$
Donc $\Ker (u)=\{0\}$, donc $u $ est injective.
Soit $y\in \im (u^2-\ide)$ alors il existe $x\in E$ tel que $y=u^2(x)-x$, puis
$$
\begin{array}{lcl}
u(y)-2y&=& u(u^2(x)-x)-2(u^2(x)-x)=u^3(x)-u(x)-2u^2(x)+2x\\
&=& u^3(x)-2u^2(x)-u(x)+2x=0,\quad \text{ (puisque } u^3=2u^2+u-2\ide \text{)}
\end{array}
$$
donc $y\in \Ker (u-2\ide)$ ce qui implique que $\im (u^2-\ide) \subset \Ker
(u-2\ide)$.
Supposons que $E_1=E_2=E_3=0$, alors d'après la question précédente, on a
$$\im (u^2-\ide) \subset \Ker (u-2\ide) = E_3=\{0\} \Longrightarrow
\im(u^2-\ide)=\{0\},$$
ce qui implique que $u^2-\ide =(u+\ide)\circ (u-\ide)=0$. Cette relation implique
aussi que $\im (u-\ide)\subset \Ker(u+\ide)=E_2$.
Or $E_2=\{0\}$ donc $u-\ide =0$ soit $E_1=E$ ce qui contredit l'hypothèse de départ.
conclusion, il y a au moins un des trois qui n'est pas réduit à $\{0\}$.
Soient $x_1\in E_1,\,x_2\in E_2,\,x_3\in E_3$ tels que $x_1+x_2+x_3=0 \quad (1)$, on
applique $u$ à cette relation ce qui donne:
$$0=u(0)=u(x_1+x_2+x_3)=u(x_1)+u(x_2)+u(x_3)=x_1-x_2+2x_3 \quad (2)$$
car $x_1\in E_1$ donc $(u-\ide)(x_1)=0$ soit $u(x_1)=x_1$ (même démarche pour $x_2$
et $x_3$).
On applique à nouveau $u$ à la relation $(2)$, on obtient alors:
$$0=u(0)=u(x_1-x_2+2x_3)=u(x_1)-u(x_2)+2u(x_3)=x_1+x_2+4x_3 \quad (3)$$
Puis $(3)-(1)$ donne $3x_3=0$ soit $x_3=0$, ensuite $(1)+(2)$ donne $2x_1=0$ donc
$x_1=0$ puis $x_2=0$.
Cela signifie que la somme $E_1+E_2+E_3$ est direct.
On a déjà montré qua la somme est directe, il reste alors à démontrer que
$E_1+E_2+E_3=E$.
Soit $x\in E$, on pose:
$$x_1=\dfrac{2x+u(x)-u^2(x)}{2}=\dfrac{6x+3u(x)-3u^2(x)}{6},\, x_2=
\dfrac{u^2(x)-3u(x)+2x}{6},\text{ et }x_3=
\dfrac{u^2(x)-x}{3}=\frac{2u^2(x)-2x}{6}.$$
On a
$$
\begin{array}{lcl}
u(x_1)&=&
\dfrac{1}{2}(2u(x)+u^2(x)-\textcolor{red}{u^3(x)})=\dfrac{1}{2}(2u(x)+u^2(x)-(\textcolor{red}{2u^2(x)+u(x)-2x}))\\
&&\\
&=& \dfrac{1}{2}(2x+u(x)-u^2(x))=x_1 \Longrightarrow x_1\in E_1.\\
&&\\
u(x_2)&=&
\dfrac{\textcolor{red}{u^3(x)}-3u^2(x)+2u(x)}{6}=\dfrac{(\textcolor{red}{2u^2(x)+u(x)-2x})-3u^2(x)+2u(x)}{6}\\
&&\\
&=&\dfrac{-u^2(x)+3u(x)-2x}{6}=-x_2\Longrightarrow x_2\in E_2.\\
&&\\
u(x_2)&=&\dfrac{\textcolor{red}{u^3(x)}-u(x)}{3}=\dfrac{\textcolor{red}{2u^2(x)+u(x)-2x}-u(x)}{3}\\
&&\\
&=& \dfrac{2u^2(x)-2x}{3}=2x_3 \Longrightarrow x_3\in E3.
\end{array}
$$
Une petite vérification donne $x_1+x_2+x_3=x$, autrement dit $x\in E_1+E_2+E_3$.
Ceci prouve que $E= E_1+E_2+E_3$ CQFD.
Familles génératrices, libres, liées
Familles génératrices
Une famille $(x_i)_{i \in I}$ d'un $\K$ e-v $E$ est dite génératrice
de $E$ si
$$\boxed{\Vect \big((x_i)_{i \in I}\big) = E}.$$
Remarque
Cela équivaut à dire que tout vecteur de $E$ est combinaison linéaire des $x_i$, ou encore
(lorsque la famille est finie) que $E$ est somme des sev $\K x_i$.
Si $(x_i)_{i \in I}$ est génératrice de $E$, toute
famille contenant les $(x_i)$ (sur-famille) est encore une famille génératrice de
$E$.
Soit $(x_i)_{i \in I}$ une famille génératrice de $E$, $i_0 \in I$ et $J=I-\{i_0\}$. Alors:
$(x_i)_{i \in J}$
est encore une famille génératrice de $E$ si et seulement si $x_{i_0}$ est combinaison
linéaire
des $(x_i)_{i \in J}$.
Famille libre
Une famille finie $(x_i)_{1 \leqslant i \leqslant n }$ d'un $\K$-EV
$E$
est dite libre si, pour toute famille
$(\lambda_i)_{1 \leqslant i \leqslant n}$ d'éléments de $\K$ :
$$ \dsp\sum_{i=1}^n{\lambda_i x_i}=0_E \ \Longrightarrow
\forall i \in \inter{1,n} \,
\lambda_i = 0_{\K}.$$
(on dit aussi que les $(x_i)$ sont linéairement indépendants)
Une famille quelconque $(x_i)_{i \in I}$ d'un $\K$-EV $E$ est dite
libre si toutes ses sous-familles finies sont libres.
Une famille $(x_i)_{i \in I}$ d'un $\K$ e-v $E$ est dite liée
si
elle n'est pas libre,i.e. s'il existe une famille $(\lambda_i)_{i \in I}$
d'éléments de $\K$, à support fini, non tous nuls, telle que $ \dsp
\sum_{i \in I}{\lambda_i x_i}=0_E$.
(on dit aussi que les $(x_i)$ sont linéairement dépendants).
La famille $\{x\}$, est libre ssi $x \neq 0_E$.
Une famille de deux éléments $\{x_1,x_2\}$ est liée ssi :
$$x_1=0_E \textrm{ ou } \exists \lambda \in \K \textrm{ tq } x_2=\lambda x_1.$$
Toute famille contenant $0_E$ est liée.
Toute sous-famille d'une famille libre est libre.
Toute sur-famille d'une famille liée est liée.
Une famille $(x_i)_{i \in I}$ est liée ssi il existe $j \in I$ tel que
$x_j$ soit combinaison linéaire des $(x_i)_{i\in I, i \neq j}$.
Soit $(x_i)_{1 \leqslant i \leqslant n}$ une famille de vecteurs non nuls de $E$.
Alors cette famille est libre ssi la somme
$ \dsum_{i=1}^n{\K x_i}$ est directe.
Soit $(x_i)_{i \in I}$ une famille libre d'un $\K$-EV $E$, et $y \in E$ tel que
$\{y\} \cup \{x_i\ , \ i \in I\}$ soit liée.
Alors $y$ est combinaison linéaire des $x_i$, de manière unique.
Bases
Une famille d'un $\K$-ev $E$ est appelée base de $E$ si elle est à
la fois libre et génératrice.
SPour une famille $\mathscr{B}=(e_i)_{i \in I}$ d'un $\K$-ev $E$ , les propriétés suivantes
sont équivalentes :
$\mathscr{B}$ est une base de $E$.
Tout vecteur de $E$ s'écrit de manière unique comme combinaison linéaire des
éléments
de $\mathscr{B}$.
$\mathscr{B}$ est une famille libre maximale (i.e. $\mathscr{B}$ est libre,
et
$\forall x \in E\setminus \mathscr{B} \ , \mathscr{B} \cup \{x\}$ est liée).
$\mathscr{B}$ est une famille génératrice minimale de $E$ (i.e. $\mathscr{B}$
est génératrice de $E$, et $ \forall x
\in \mathscr{B} \ , \ \mathscr{B}\setminus\{x\}$ n'est pas génératrice de $E$).
Remarques
Si $(e_i)_{1 \leqslant i \leqslant n}$ est une famille de vecteurs non nuls de
$E$, cette famille est une base de $E$ si et seulement si $E = \dsp \bigoplus_{i=1}^n{\K
e_i}$.
Soit $\mathscr{B}=(e_i)_{i \in I}$ une base de $E$. Alors, pour tout $x \in E$, il existe
une unique
famille $(\lambda_i)_{i \in I}$ d'éléments de $\K$, à support fini, telle que
$x = \dsp \sum_{i \in I}{\lambda_i e_i}$.
Les $\lambda_i$ sont appelés les coordonnées de $x$ dans la base $\mathscr{B}$
.
Soi $E$ un $\K$-ev
Soit $(E_i)_{1 \leqslant i \leqslant n}$ une famille de s-e-v de $E$ telle que
$ E = \dsp \bigoplus_{i=1}^n{E_i}$.
Si, pour tout $i \in \inter{1,n}$, $\mathscr{B}_i$ est une base de $E_i$, alors, les
$\mathscr{B}_i$ sont deux à deux disjoints et
$\mathscr{B} = \dsp \bigcup_{i=1}^n{\mathscr{B}_i}$ est une base de $E$.
Soit $\mathscr{B}$ une base de $E$, et $(\mathscr{B}_i)_{1 \leqslant i \leqslant n}$
une partition
de $\mathscr{B}$.
Si, pour tout $i \in \inter{1,n}$, $E_i=\textrm{Vect}(\mathscr{B}_i)$, alors
$ E = \dsp \bigoplus_{i=1}^n{E_i}$.
On dit que $(\mathscr{B}_i)_{i \in I }$ est une
famille de bases adaptée à la décomposition de $E$ en somme directe $E = \dsp
\bigoplus_{i=1}^n{E_i}$.
Espaces vectoriels de dimension
finie
Dimension
On dit qu'un $\K$-ev est de dimension finie s'il possède une famille
génératrice finie.
Si $E$ est un $\K$-ev de dimension finie, de toute famille génératrice de $E$, on peut
extraire une
famille génératrice finie.
Démonstration :
Par hypothèse, $E$ est engendré par une famille finie: $E=\Vect (y_1,\cdots,y_n)$.
Soit $(x_i)_{i\in I}$ une partie génératrice de $E$. Tout $y_j$ peut donc s'écrire comme combinaison linéaire (finie)
des vecteurs de cette famille:
$$
y_j=\dsum_{i\in I_j}\lambda_{ji}x_i \quad\text{où }I_j \text{ est une partie finie de }I
$$
donc les $y_j$ appartiennent tous à $\Vect(\{x_i, i\in I_1\cup I_2\cup\ldots\cup I_n\})$.
$E$ étant engendré par les $y_j$ est donc aussi engendré par $\{x_i, i\in I_1\cup I_2\cup\ldots\cup I_n\}$,
qui est bien une famille finie extraite de $(x_i)_{i\in I}$ .
Si $E$ est engendré par une famille de cardinal $n$, alors toute famille libre est de
cardinal inférieur ou égal à $n$.
Démonstration :
Supposons $E=\Vect(y_1,\cdots,y_n)$. Puisque toute famille contenant une famille liée est elle aussi liée,
il suffit, pour démontrer le théorème, de montrer que toute famille de $n+1$ vecteurs est liée.
Procédons par récurrence sur $n$:
$-- \quad$ Pour $n=1$, on a $E=\Vect(y)$ et, si $x_1,x_2 \in E$, il existe $\lambda_1,\lambda_1$ tels que $x_1=\lambda_1 y$ et $x_2=\lambda_2 y$, d'où $\lambda_2x_1 - \lambda_1x_2=0$ et $\{x_1,x_2\}$ est liée.
$--\quad$ Soit $n\geq 2$. Supposons le résultat acquis à l'ordre $n-1$, et soit $E=\Vect(y_1,\cdots,y_n)$, et
$\enumsp{x}{1}{n+1} \in E$. On a alors :
$$\forall i\in\inter{1,n+1}, \ x_i=\dsum_{j=1}^n\lambda_{ij}y_j\quad\quad (*)$$
avec $n\lambda_{ij}\in \K$.
$\quad\quad$ Si tous les $\lambda_{ij}$ sont nuls, alors tous les $x_i$ sont nuls, et la famille
$(\enumsp{x}{1}{n+1})$ est liée!
$\quad\quad$ Sinon, il existe au moins un des $\lambda_{ij}$ qui est non nul, par exemple
$\lambda_{11}$ (pour simplifier les notations). On utilise alors la méthode du pivot:
$\quad\quad$ Dans le système $(*)$, on effectue les opérations
$L_i \longleftarrow L_i-\dfrac{\lambda_{i1}}{\lambda_{11}} L_1$ pour $i\in \inter{2,n+1}$.
On obtient:
$$\forall i\in\inter{2,n+1}, \ x_i-\dfrac{\lambda_{i1}}{\lambda_{11}}x_1=\dsum_{j=2}^n\left(\lambda_{ij}-
\dfrac{\lambda_{i1}}{\lambda_{11}}\lambda_{1j}\right)y_j$$
Ainsi, les vecteurs $x_i-\dfrac{\lambda_{i1}}{\lambda_{11}}x_1$ pour $i\in\inter{2,n+1}$ forment-ils un
système de $n$ vecteurs de $\Vect\underbrace{(y_{2},\cdots,y_{n})}_{n-1 \text{vecteurs}}$. D'après l'hypothèse de récurrence,
ils sont liés. Il existe donc des scalaires $\enumsp{\alpha}{2}{n+1}$ non tous nuls tels que
$$\dsum_{i=2}^{n+1}\alpha_i \left(x_i-\dfrac{\lambda_{i1}}{\lambda_{11}}x_1\right)=0$$
et, en développant cette expression, on obtient une combinaison linéaire des $(x_i)_{1\leq i \leq n+1}$ qui vaut $0$ et à coefficients non tous nuls, donc la famille
$(\enumsp{x}{1}{n+1})$ est liée, ce qui achève la récurrence.
(Théorème de la base incomplète)
Soit $E$ un $\K$-ev de dimension finie, $L$ un système libre de $E$ et $G$ un système
générateur de $E$.
Alors $L$ est de cardinal fini, et il existe une base $\mathscr{B}$ de $E$} telle que :
$$\boxed{L \subset \mathscr{B} \subset L \cup G}.$$
Si on pose $G=E$ dans le théorème précédent, on trouve,
Soit $E$ un $\K$-ev de dimension finie, $L$ un système libre de $E$.
Alors il existe une base $\mathscr{B}$ de $E$ telle que : $L \subset \mathscr{B}$.
Si on pose maintenant $L=\emptyset$ dans le théorème précédent, on trouve,
Soit $E$ un $\K$-ev de dimension finie. De toute système générateur de $E$, on peut extraire
une base.
Tout $\K$-ev de dimension finie possède une base.
Impossible n'est pas français!
Jamais 1 sans 2...
Impossible n'est pas français!
Soit $E$ un $\K$-ev de dimension finie. Alors toutes les bases de $E$ ont même
cardinal.
(Dimension)
Ce nombre d'éléments commun s'appelle la dimension de $E$, notée
$\textrm{dim}_{\K}(E)$ ou
$\textrm{dim}(E)$.
Remarques
La dimension est le nombre d'éléments dans une base de $E$. Par conséquence c'est
une entier!!!
On ne peut pas avoir $\dim (E)=-1$ et encore moins $\frac{1}{2}$.
La dimension est le nombre d'éléments dans une base de $E$ et non pas le nombre
d'éléments de $E$.
Exemples
$\dim(\{0\})=0$
$\dim_{\C}(\C)=1$
$\dim_{\R}(\C)=2$
$\dim_{\K}(\K^n)=n$
$\dim_{\K}(\K_n[X])=n+1$
(TPC 2007--P3)
Soit $F=\Bigg \{ M(a,b,c)=\left(%
\begin{array}{ccc}
a & c & b \\
b & a & c \\
c & b & a \\
\end{array}%
\right) ; \, (a,b,c) \in \mathbb{C}^3 \Bigg
\}$.
Déjà fait (exercice ci-dessus), et on a montré que $F=\Vect
(I,K,K^2)$.
La famille $(I,K,K^2)$ est une famille génératrice de $F$, de plus c'est une famille
libre, en effet:
$$\forall a,\,b,\,c\in \C,\, aI+bK+cK^2 =0 \Longrightarrow \left(\begin{array}{ccc}
a & c & b \\
b & a & c \\
c & b & a \\
\end{array}
\right) =0\Longrightarrow a=b=c=0.
$$
Donc la famille $(I,K,K^2)$ est une base de $F$, soit $\dim_\C(F)=3$.
(E3A 2012)
$E$ désigne l'espace vectoriel des suites réelles.
Une suite $u$ de $E$ est dite périodique de période $p\in \N^*$ lorsqu'elle vérifie~:
$\forall n\in \N,\ u_{n+p}=u_n$.
Soit l'ensemble ${\mathcal S}_0=\{u\in E\mid \forall n\in \N,\ u_{n+2}+u_n=0\}$.
Soient les deux suites $\lambda$ et $\mu$ définies par :
$\forall n\in \N,\ \lambda_n=\cos\left (n\frac{\pi}{2}\right )$ et $\mu_n=\sin\left
(n\frac{\pi}{2}\right )$.
Vérifier que $\lambda$ et $\mu$ sont des éléments de ${\cal S}_0$.
Montrer que ces deux suites sont périodiques.
Montrer que ${\cal S}_0$ est un sous-espace vectoriel de $E$.
Donner une base de ${\cal S}_0$ et préciser sa dimension.
Toute famille libre de $E$ a moins de $n$ éléments; et si elle en a exactement $n$,
c'est une base de $E$.
Toute famille génératrice de $E$ a plus de $n$ éléments; et si elle en a exactement
$n$, c'est une base de $E$.
(Dimension du produit)
Soient $E_1,E_2, \ldots, E_p$ $p$ $\K$-evs de dimensions finies.
Alors l'espace vectoriel produit $E=E_1 \times E_2 \times \ldots \times E_p$ est de
dimension finie et
$$\dim(E) = \dsp\sum_{i=1}^p{\textrm{dim}(E_i)}.$$
Sous-espaces vectoriels d'un e-v de dimension finie
Soit $E$ un $\K$-ev de dimension finie, et $F$ un s-e-v de $E$.
$F$ est de dimension finie, et $\dim(F) \leqslant \dim(E)$.
On a $\dim(E) = \dim(F)$ si et seulement si $E=F$.
Démonstration :
$\mathbf{1.}\quad$ On considère l'ensemble des systèmes libres de $F$ (il en existe au moins un, $\emptyset$).
Ce sont aussi des systèmes libres de $E$, donc leur cardinal est majoré par $\dim E$. Il existe donc dans $F$
un système libre de cardinal maximum. Notons-le $\mathscr{B}$. Si $x$ est un élément de $F$ qui n'appartient pas
à $\mathscr{B}$, $\mathscr{B} \cup \{x\}$ est lié par définition. Ainsi, $\mathscr{B}$ est une famille libre
maximale dans $F$, c'est donc une base de $F$, et $F$ est de dimension finie.
De plus, on a directement $\text{card}(\mathscr{B}) \leq \dim E$ soit $\dim F \leq \dim E$.
$\mathbf{2.}\quad$ Si $\dim E=\dim F$ et si $\mathscr{B}$ est une base de $F$, c'est aussi une partie libre de $E$.
Ayant $\dim E$ éléments, c'est donc aussi une base de $E$ d'où $\Vect(\mathscr{B})=F=E$.
Soit $E$ un $\K$-ev de dimension finie.
Tout sev de $E$ possède (au moins) un supplémentaire.
Si $E= E_1 \oplus E_2$, alors $\dim (E)=\dim(E_1)+\dim(E_2)$.
$E=E_1 \oplus E_2$ si et seulement si la réunion d'une base de $E_1$ et d'une base
de $E_2$ est une base de $E$.
(Formule de Grassmann)
Soit $E$ un $\K$-ev, et $E_1, E_2$ deux sevs de dimensions finies de $E$.
Alors $E_1+E_2$ est de dimension finie et:
$$\dim (E_1+E_2) = \dim(E_1) + \dim(E_2) - \dim(E_1 \cap E_2).$$
Démonstration :
Tout d'abord, si $G_1$ (resp. $G_2$) est une partie génératrice finie de $E_1$ (resp. $E_2$), alors, puisque $E_1+E_2=\Vect(E_1\cup E_2)$,
$G_1\cup G_2$ est une partie génératrice finie de $E_1+E_2$, donc $E_1+E_2$ est de dimension finie.
Démontrons maintenant la formule:
$\mathbf{1.}\quad$ Soit $E'_2$ un supplémentaire de $E_1\cap E_2$ dans $E_2$ : $E_2 = (E_1\cap E_2) \oplus E'_2$. D'après le th. précédent,
on a $\dim E_2 = \dim (E_1\cap E_2) + \dim E'_2 \,\, (*)$.
$\mathbf{2.}\quad$ Montrons que $E_1+E_2=E_1 \oplus E'2$.
La somme des s-e-v $E_1$ et $E'_2$ est bien directe car
$E_1\cap E'_2 = E_1 \cap \big(E_2\cap E'_2 \big)=\big( E_1 \cap E_2\big)\cap E'_2 =\{0\}$ (car $E_1\cap E_2$ et
$E'_2$ sont en somme directe).
$E'_2 \subset E_2$ donc $E_1+E'_2 \subset E_1 + E_2$.
Soit $x \in E_1+E_2\ : \ x=x_1+x_2$ avec $x_i\in E_i$ pour $i=1,2$. Puisque
$E_2 = (E_1\cap E_2) \oplus E'_2$, on a $x_2 = y + x'_2$ avec $y\in E_1\cap E_2$ et $x'_2 \in E'_2$.
Soit $E$ un $\K$-ev de dimension finie, et $E_1, E_2$ deux sevs de $E$.
Pour que $E_1$ et $E_2$ soient supplémentaires, il faut et il suffit que :
$$E_1+E_2=E\text{ et } \dim(E_1)+\dim(E_2) = \dim(E).$$
ou
$$E_1 \cap E_2 = \{0_E\} \text{ et }\dim(E_1)+\dim(E_2) = \dim(E).$$
Si $E_1,\ldots,E_n$ sont des sevs de dimensions finies d'un $\K$-ev $E$, alors
$\dsum_{i=1}^n E_i$ est de dimension
finie et
$$\dim \left(\dsum_{i=1}^n E_i\right) \leq \dsum_{i=1}^n \dim E_i.$$
Soit $E$ un $\K$-ev de dimension finie, et $(E_i)_{1 \leqslant i \leqslant n}$ une famille
finie de $n$ sevs de
$E$ telle que la somme $ \dsum_{i=1}^n{E_i}$ soit directe. Alors :
$$\dim \left(\dsp \bigoplus_{i=1}^n{E_i} \right) \ = \ \dsp \sum_{i=1}^n{\dim(E_i)}.$$
Soit $E$ un $\K$-ev de dimension finie, et $(E_i)_{1 \leqslant i\leqslant n}$ une famille
finie de sevs de $E$
telle que $ E = \dsum_{i=1}^n{E_i}$. Alors :
$$ E = \dsp\bigoplus_{i=1}^n{E_i} \ \Longleftrightarrow \ \dim E = \dsp \sum_{i=1}^n{\dim
(E_i)}.$$
Rang d'une famille de vecteurs
Soit $E$ un $\K$-ev, et $(x_i)_{i \in I}$ une famille d'éléments de $E$.
Si $\dim\big( \Vect( (x_i)_{i \in I}) \big)$ est finie, elle s'appelle le de la
famille $(x_i)_{i \in I}$ , noté $\textrm{rg} \big( (x_i)_{i \in I}
\big)$.
Si $(x_i)_{i \in I}$ est une famille d'éléments d'un $\K$-ev $E$ de dimension finie,
alors :
$$\textrm{rg} \big( (x_i)_{i \in I} \big) \ \leqslant \ \textrm{dim}(E).$$
Si $(x_1,x_2, \ldots,x_p)$ est une famille finie, alors :
$\textrm{rg}(x_1,x_2,\ldots,x_p) \leqslant p $.
($\star$)
Soit $\mathcal{F}=\{V_0,\,V_1,\,V_2,\,V_3\}\subset\R^4$, avec:
$$\forall i\in \inter{0,3},\quad V_i=\begin{pmatrix}
(a+i)^2\\(b+i)^2\\(c+i)^2\\(d+i)^2
\end{pmatrix},\, \quad a,b,c,d\in \R.$$
Déterminer le rang de $\mathcal{F}$
Correction
Soit $i\in \inter{0,3}$, on a:
$$V_i=\begin{pmatrix}
a^2+2ia+i^2\\
b^2+2ib+i^2\\
c^2+2ic+i^2\\
d^2+2id+i^2
\end{pmatrix} =\underset{:=U}{\begin{pmatrix}
a^2\\
b^2\\
c^2\\
d^2
\end{pmatrix}}+2i\underset{:=V}{\begin{pmatrix}
a\\
b\\
c\\
d
\end{pmatrix}}+i^2\underset{:=W}{\begin{pmatrix}
1\\
1\\
1\\
1
\end{pmatrix}} $$
Ce qui implique que $\rg (\mathcal{F})\leq 3$.
Il est clair que si $a=b=c=d$ alors $U=aV$ et $V=aW$ donc $\rg (\mathcal{F})=1$.
Supposons mainteant que les 4 valeurs sont différentes. Soit $\alpha,\, \beta,\, \gamma\in \R$ tels que
$\alpha U+\beta V+\gamma W =0$. Ce qui donne $a,b,c$ et $d$ sont des racine de $P= \alpha X^2+\beta X+\gamma$.
Ceci n'est pas possible que si les réels $a,b,c,d$ prennent deux valeurs différentes.
On en déduit:
Si $a,b,c,d$ prennent une seul valeur alors $\rg(\mathcal{F})=1$.
Si $a,b,c,d$ prennent deux valeurs différentes alors $\rg(\mathcal{F})=2$.
Si $a,b,c,d$ prennent trois (ou quatre) valeurs différentes alors $\rg(\mathcal{F})=3$.