Existe-t-il une fonction g définie et continue sur R et qui est égale à f sur R∖{−1,1}?
Correction
Notons D=R∖{−1,1}. La fonction h:x∈D↦x3−2x2−x+2 est continue sur D comme somme des
fonctions continues sur D, la fonction valeur absolu est continue sur D (elle est continue sur R) donc la fonction
k:x∈D↦1−∣x∣ est continue sur D comme somme de deux fonctions continues sur D,
de plus elle ne s'annule pas sur D donc 1/k∈C(D).
On en déduit alors que f∈C(D) comme le produit de deux fonctions continues sur D. En particulière f est continue en 0.
Notons que pour tout réel x, on a: x3−2x2−x+2=(x−1)(x+1)(x−2), d'où:
x→−1limf(x)=x→−1lim1−∣x∣x3−2x2−x+2=x→−1lim1+x(x−1)(x+1)(x−2)=6.x→1limf(x)=x→1lim1−∣x∣x3−2x2−x+2=x→1lim1−x(x−1)(x+1)(x−2)=2.
Puisque ces deux limites existent et elles sont finies, alors on en déduit qu'on peut prolonger f par continuité sur R, i.e. il existe une fonction g∈C(R) telle que g=f sur D.
En effet, il suffit de poser:
g(x)=⎩⎪⎨⎪⎧f(x)62 si x∈D, si x=−1, si x=1.
On considère la fonction f définie par: {f(x)=x−1, si x≤0f(x)=2−αx2 sinon.
Pour quelles valeurs de α∈R la fonction f est continue pour x=0.
Correction
Pour que la fonction soit continue en 0 il faut que x→0−limf(x)=x→0+limf(x)=f(0). La fonction f étant continue à gauche de 0, il faut
donc vérifier la limite à droite.
x→0+limf(x)=x→0+lim(2−αx2)=2 et f(0)=−1,
On en déduit que f ne peut pas être continue en 0 quelle que soit la valeur de α∈R.
Soit la fonction f:x∈R∖{2}⟶x−25x2−8x−4.
Peut-on définir une fonction F continue sur R telle que f soit la restriction de F sur R∖{2}?
Correction
Pour prolonger f par continuité en 2 il faut que x→2limf(x) soit finie.
x→2limf(x)=x→2limx−25x2−8x−4=x→2limx−2(x−2)(5x+2)=x→2lim(5x+2)=12.
Donc on peut définir une fonction F sur par:
∀x∈R,F(x)=⎩⎪⎨⎪⎧f(x)12 Si x=2, Sinon.F est continue sur R et sa restriction sur R∖{2} est f.
La fonction E est continue sur tout intervalle ]n;n+1[ avec n∈Z et elle est continue à droite en n.
Donc les trois fonctions sont continues sur ces intervalles, et pour étudier leur continuité sur R, il faut étudier leur continuité à gauche en n
(n∈Z).
Soit n∈Z, on a f1(n)=n, et
x→n−lim()E(x)+(x−E(x))2)=x→n−lim(n−1+(x−n+1)2)=n=f1(n).
On en déduite que f1 est continue en n donc f1∈C(R).
Soit n∈Z, on a f2(n)=n2+2n, et
x→n−lim((2E(x)+1)x−E(x)(E(x)−1))=x→n−lim((2n−1)x−(n−1)(n−2))=n2+2n+2=f2(n).
On en déduite que f2 n'est pas continue en n donc f2∈C(R).
Soit n∈Z, on a f3(n)=(−1)n−121+21, et
x→n−lim((−1)E(x)(x−E(x)−21)+21)=x→n−lim((−1)n−1(x−n+21)+21)=(−1)n−121+21=f3(n).
On en déduite que f2 est continue en n∈Z donc f3∈C(R).
Soient a<b∈R et f∈C([a;b]). Montrer que, s' l'équation f(x)=0 admet une solution, elle admet une plus petite solution.
Peut-on généraliser au cas d'un intervalle semi-ouvert ]a;b]?
Correction
On considère A={x∈[a;b]∣f(x)=0}; A n'est pas vide (par hypothèse) et A est minorée par a donc A admet une borne inférieure
α∈[a;b]. Si on montre que α∈A alors ceci répond à la question.
Puisque f est continue en α, alors:
∀ε>0,∃η>0,∀x∈]α−η;α+η[∩[a;b],∣f(x)−f(α)∣≤ε.(E)
Soit x0∈A tel que α≤x0≤α+η (un tel x0 existe d'après la caractérisation de la borne inférieure).
D'après la relation (E), on a:
f(x0)=0⟹∣f(α)∣≤ε.
Ceci est vrai pour tout réel ε>0, on en déduit alors que f(α)=0 ce qui donne α∈A.
Si on remplace le segment [a;b] par un intervalle semi-ouvert ]a;b] le résultat n'est plus vrai comme le montre l'exemple suivant:
f(x)=sin(x1),f∈C(]0;1]),A={πn1,n∈N∗}.
Soit φ la fonction définie par φ(x)=E(x)+x−E(x) (où E(x) désigne la partie entière du réel x).
Donner le domaine de définition de φ.
Étudier la continuité de φ sur son domaine de définition.
Correction
ϕ est définie pour x tel que x−E(x)≥0, car la fonction racine n'est définie que sur R+. Or d'après la définition de la partie
entière d'un réel, on a: ∀x∈R,E(x)≤x soit x−E(x)≥0. D'où le domaine de définition de φ est R.
D'après le cours la fonction x↦E(x)∈C(R∖Z) et la fonction x↦x∈C(R+).
Donc f∈C(R∖Z) comme la composée et la somme des fonctions dans C(R∖Z).
Il faut étudier la continuité de φ sur Z.
Soit n∈Z, on a E(n)=n soit f(n)=n+n−n=n. D'autre part, lorsque x tends vers n−, on a x∈]n−1;n[ donc
E(x)=n−1 soit f(x)=n−1+x−n+1 donc:
x→n−limf(x)=x→n−limE(x)+x−E(x)=n−1+n−n+1=n−1+1=n=f(n).
De même, lorsque x tends vers n+, on a x∈]n;n+1[ donc E(x)=n soit f(x)=n+x−n donc:
x→n+limf(x)=x→n+limE(x)+x−E(x)=n+n−n=n+0=n=f(n).
Conclusion x→n−limf(x)=x→n+limf(x)=f(n), soit f est continue en n.
n étant arbitrairement choisi dans Z, on en déduit que f est continue sur Z. D'où f∈C(R).
Soit f:R+↦R+ continue. On suppose que x→∞limf(x)=0. Montrer que f admet un maximum.
Correction
Si f est nulle alors il n'y a rien à démontrer. Supposons alors que f=0, alors il existe z tel que f(z)=0,
sans perdre de généralité, on peut supposer que z=0.
Puisque ∞limf=0, alors:
∀ε>0,∃x0,∀x≥x0,∣f(x)∣<ε.
Prenons ε=f(0)>0. Alors il existe x1>0 tel que pour tout x∈[x1;∞[ on a f(x)≤f(0).
D'autre part, f∈C(R+) donc f∈C([0;x1]), d'après le cours, on a: f([0;x1])=[α;β] (avec α≤β),
en effet l'image d'un segment de R par une application continue est un segment de R. On a alors β=sup(f) sur [0;x1] or
comme β≥f(0) on en déduit que β=supR(f).
D'après le TVI, il existe x∗∈[0;x1] tel que f(x∗)=β. Autrement dit, f admet un maximum en x∗. CQFD
Soit f une fonction croissante sur R+∗ dans R, on suppose que la fonction qui à x∈R+∗
associe xf(x) est décroissante sur R+∗. Montrer que f est continue sur R+∗.
Correction
Il faut exploiter les deux informations données dans l'énoncé à savoir f croissante et g:x↦f(x)/x est continue.
Soit a∈R+∗, pour montrer que f est continue en a, il suffit de montrer que a−limf=f(a)=a+limf.
Puisque f est croissante, on a a−limf≤f(a)≤a+limf (1)(Cours!!).
Soit x∈R+∗ tel que x<a, comme g est décroissante on a:
g(x)≥g(a)⇒xf(x)≥af(a)⇒af(x)≥xf(a)⇒x→a−lim(af(x))≥x→a−lim(xf(a))⇒a−limf≥f(a).
En faisant le même démarche pour x>a, on obtient a+limf≤f(a). En combinant ces deux dernières relations avec (1),
on obtient a−limf=f(a)=a+limf. D'où f est continue en a.
a étant choisi de façon arbitraire dans R+∗, on en déduit alors que f∈C(R+∗).
Soit I un intervalle non vide de R et non réduit à un point, f une application de I dans R.
On suppose que:
∃α>0,∀(x,y)∈I2,∣f(x)−f(y)∣≤α∣x−y∣.
Montrer que f est continue sur I.
Correction
Il parait que pour résoudre cet exercice il faut connaître la définition de 'fonction continue en a' !!!
On dit que f est continue en a∈I ssi
∀ε>0,∃η>0,∀x∈I,∣x−a∣≤η⇒∣f(x)−f(a)∣≤ε.
Soit a∈I, soit ε>0. Posons η=αε. D'après la relation vérifiée par f, on a:
∀x∈I, t.q.∣x−a∣≤η,∣f(x)−f(a)∣≤α∣x−a∣≤αη≤ααε=ε,
autrement dit f est continue en a, d'où f est continue sur I. CQFD
Soient a<b∈R et f une fonction continue de I=[a,b] tel que f(I)⊂I.
Montrer qu'il existe x0∈I tel que f(x0)=x0 (\textit{Indication: considérer φ:x∈[a;b]↦f(x)−x}).
Correction
Commençons par faire un petit graphique (c.f. ci-après), dire que f(I)⊂I revient à dire que la courbe représentative
de f reste dans le carré I×I.
D'autre part, si f(α)=α ceci implique que le point (α,f(α)) est un point d'intersection entre
Cf et la droite y=x. Donc ce résultat revient à dire que on ne peut pas 'tracer' une fonction continue de
I×I sans croiser la droite y=x (Essayer!).
Considérons la fonction φ définie sur I par φ(x)=f(x)−x. On a
φ∈C(I) comme somme de deux fonctions continues. D'autre part, on a
φ(a)=f(a)−a≥0 puisque f(a)∈I=[a;b] (donc f(a)≥a), et φ(b)=f(b)−b≤0 puisque
f(b)∈I=[a;b]. Soit φ(a)φ(b)≤0 donc d'après le TVI (et puisque φ est continue),
il existe x0∈I tel que φ(x0)=0 soit f(x0)=x0. CQFD
Soit f la fonction définie sur I=[0,6] par: f(x)=∣x2−4x∣.
Montrer que f est continue sur I.
Montrer que f est croissante sur [0,2] et [4,6], décroissante sur [2,4].
Soit m∈[0,12], déterminer le nombre de solution de l'équation f(x)=m d'inconnu x∈I.
Correction
La fonction f est la composé de deux fonctions f2∘f1 avec f2(x)=∣x∣ et f1(x)=x2−4x, or f1 est une fonction continue sur I
(fonction polynômiale) et la fonction f2 est également continue sur I (la fonction valeur absolu est continue sur R). D'où f∈C(I).
D'autre part, on a f1(x)=x2−4x=x(x−4) donc pour x∈[0;4],f1(x)≤0 et pour x∈]4;6],f1(x)>0. Ce qui nous donne:
f(x)={4x−x2x2−4x si x∈[0;4] si x∈]4;6].
Soient x,y∈[0;4] tels que x<y, on a:
f(y)−f(x)=4y−y2−4x+x2=(y−x)(4−(x+y)),
ce qui donne f(y)−f(x)>0 si x,y∈[0;2] et f(y)−f(x)<0 si x,y∈[2;4].
Donc f est strictement croissante sur [0;2] et strictement décroissante sur [2;4].
Soient x,y∈]4;6] tels que x<y, on a: f(y)−f(x)=y2−4y−x2+4x=(y−x)(x+y−4)>0 donc f est strictement croissante sur ]4;6].
On en déduit de ce qui procède que:
f est une bijection entre [0;2] et f([0;2])=[f(0);f(2)]=[0;4] (thm de TVI plus la stricte croissance de f sur cet intervalle).
f est une bijection entre ]2;4] et f(]2;4])=[f(4);f(2)[=[0;4[ (même raison mais avec stricte décroissance).
f est une bijection entre ]4;6] et f(]4;6])=]f(4);f(6)]=]0;12].
On en déduit que le nombre de solution de l'équation f(x)=0 est:
2 solutions si m∈{0;4},
3 solutions {x1;x2;x3} si m∈]0;4[ avec x1∈]0;2[, x2∈]2;4[ et x3∈]4;6[.
Soient f,g∈C([0,1]). On suppose que f(0)=g(1)=0 et f(1)=g(0)=1. Montrer que
∀α∈R+,∃xα∈[0,1],f(xα)=αg(xα).
Correction
Soit α>0, dire qu'il existe xα∈[0;1] t.q f(xα)=αg(xα) est
équivalent à dire f(xα)−αg(xα)=0.
Posons alors φα=f−αg définie sur [0;1] et continue sur cet intervalle comme la somme de deux fonctions continues. On a:
φα(0)=f(0)−αg(0)=−α<0,φ(1)=f(1)−αg(1)=1>0⟹φα(0)φα(1)<0.
Comme φα∈C([0;1]), alors d'après le TVI, il existe xα∈[0;1] t.q
φα(xα)=0. CQFD
Montrer que l'équation 2x=sin(x2+2x+3) d'inconnue x∈R admet au moins une solution.
Correction
Comme l'exercice précédent, on pose: f(x)=2x−sin(x2+2x+3) pour tout x∈[−2;2].
On a f∈C([−2;2]) puisque f est la somme de deux fonctions continues (la deuxième fonction sin(...)
est continue comme la composée des fonctions continues).
De plus on a f(−2)f(2)<0 (faites le calcul!!), donc d'après le TVI,
∃x0∈[−2;2],f(x0)=0⟹2x0=sin(x02+2x0+3).
Remarque: Il faut noter que c'est un résultat d'existence et pas d'unicité (dans cet exemple x0 est unique).
D'autre part on aurait pu prendre un intervalle [a;b] différent de [−2;2], il faut juste choisir a≤−1 et b≥1
pour montrer que f(a)f(b)≤0,
bien sur on ne calcule pas ni f(a) ni f(b) mais on utilise le faite que ∣sin∣≤1.
Calculer f(0) et f(1). f admet-t-elle une racine dans l'intervalle [0;1]?
Correction
f est définie pour x=31, et on a f∈C(R∖{31}). D'autre part, on a
f(0)=1−3×01=1 et f(1)=1−31=2−1. Ici on a f(0)f(1)<0 mais f n'admet pas de racine
dans cet intervalle, le théorème de valeurs intermédiaires ne s'applique pas dans ce cas puisque f n'est pas continue sur
l'intervalle considéré.
Soient a<b∈R et f∈C([a;b]). Montrer qu'il existe c∈[a;b] tel que f(c)=32f(a)+f(b).
Correction
Si f(a)=f(b) alors on peut prendre c=a. Supposons que f(a)=f(b) et sans perdre de généralité, on peut supposer que f(a)<f(b), alors:
32f(a)+f(b)<32f(b)+f(b)=f(b) et f(a)=33f(a)<32f(a)+f(b).
On en déduit que 32f(a)+f(b)∈[f(a);f(b)], puisque la fonction f est continue alors d'après le TVI,
il existe c∈[a;b] tel que f(c)=32f(a)+f(b).
Soit f∈C([0;1]) telle que ∫01f(t)dt=21. Montrer que f admet au moins un point fixe.
Correction
On considère la fonction g définie sur [0;1] par g(x)=f(x)−x, on a g∈C([0;1]) comme somme de deux fonctions
continues et de plus g vérifie ∫01g(t)dt=0.
Comme l'intégrale de g est nul alors g change de signe sur l'intervalle [0;1] (sinon on aurait g garde une signe
constante donc son intégrale ne peut pas être nul). Soit,
∃α∈[0;1],g(α)=0⟹f(α)−α=0⟹f(α)=α,
d'où le résultat.
Soit f∈C([0;1]) telle que f(0)=f(1). Montrer que:
∀n∈N∗,∃αn∈[0;1],f(αn+n1)=f(αn).
Correction
On considère la fonction g définie sur [0;1−n1] par g(x)=f(x+n1)−f(x), on a
g∈C([0;1]) comme somme et la composée des fonctions continues.
D'autre par, on a:
k=0∑n−1g(nk)=k=0∑n−1(f(nk+n1)−f(nk))=f(1)−f(0)=0
donc au moins deux termes de cette somme sont de signes opposées, donc d'après le TVI, il existe
αn∈[0;1] tel que g(αn)=0 ce qui donne f(αn+n1)=f(αn).
On montre par récurrence sur n∈N que:
∀n∈N∗,∀x∈R,f(x)=f(2nx).
Or la suite 2nxn→∞⟶0, comme f est continue en 0,
on en déduit que f(2nx)n→∞⟶f(0). Donc:
∀x∈R,f(x)=f(0).
Trouver toutes les applications continues telles que:
∀x,y,f(x+y)=f(x)+f(y)+f(x)f(y).
Correction
On prend x=y=0. on obtient:
f(0)=2f(0)+f(0)2⟹f(0)∈{−1;0}.
Soient x,y∈R, on a
(1+f(x+y))=(1+f(x)+f(y)+f(x)f(y))=(1+f(x))(1+f(y)),
on pose alors g(z)=1+f(z). g est continue et vérifie,
g(x+y)=g(x)g(y)⟹g(x)=ax(a∈R+∗).
On obtient alors f(x)=ax−1.
On considère une fonction f définie sur R et vérifiant la propriété :
∀(x,y)∈R2,f(x+y)=1+f(x)f(y)f(x)+f(y),(E1)
Donner au moins deux exemples de telles fonctions.
Montrer
∃a∈R,f(a)=1⟹∀x∈R,f(x)=1.∃a∈R,f(a)=−1⟹∀x∈R,f(x)=−1.
On suppose dans la suite que f n'est pas constante.
Montrer que : ∀x∈R,f(x)∈]−1;1[ (on pourra écrire x=x/2+x/2).
Montrer que f(0)=0 en déduire que f est impaire.
Montrer que :
∀n∈N,∀x∈R,1−f(nx)1+f(nx)=(1−f(x)1+f(x))n.(E2)
On pose b=1−f(1)1+f(1). Quel est le signe de b? Pour tout n∈N, calculer f(n) et f(−n) en fonction de b.
Soit r un rationnel; on pose r=qp(p∈Z,q∈N∗).
calculer f(r) en fonction de b (on peut utiliser (E2)) avec n=q et x=r)
Correction
Les fonctions ci dessous vérifient la propriété en question:
f1=0,f2=−1,f3=1,f4(x)=ex+1ex−1.
Supposons qu'il existe a∈R tel que f(a)=1, on en déduit,
∀x∈R,f(x+a)=1+f(x)f(a)f(x)+f(a)=1+f(x)f(x)+1=1,
ce qui donne, f est constante.
En écrivant, x=2x+2x, on trouve:
∀x∈R,f(x)=1+f(2x)22f(2x).
Une étude simple de la fonction z↦1+z22z montre qu'elle prend ses valeurs dans
l'intervalle [−1;1]. On en déduit que f(x)∈[−1;1], puisque on a supposé que f n'est pas constante,
donc f(x)∈]−1;1[.
En prenant x=y=0, on trouve f(0)3=f(0) soit f(0)∈{−1;0;1}, comme on a supposé que f n'est pas
constante, alors les valeurs ∓1 ne sont pas possibles. Donc f(0)=0.
Soit x∈R,
0=f(0)=f(x)+f(−x)=1+f(x)f(−x)f(x)+f(−x)⟹f(x)+f(−x)=0⟹f(−x)=−f(x)
d'où f est impaire.
Par récurrence sur n∈N.
1+f((n+1)x)=1+1+f(nx)f(x)f(nx)+f(x)=1+f(nx)f(x)f(nx)+f(x)+1+f(nx)f(x)=1+f(nx)f(x)(1+f(nx))(1+f(x)).1−f((n+1)x)=1−1+f(nx)f(x)f(nx)+f(x)=1−f(nx)f(x)f(nx)+f(x)−1−f(nx)f(x)=1+f(nx)f(x)(1−f(nx))(1−f(x)).
Ce qui donne,
1−f((n+1)x)1+f((n+1)x)=1−f(x)1+f(x)1−f(nx)1+f(nx)=1−f(x)1+f(x)(1−f(x)1+f(x))n=(1−f(x)1+f(x))n+1.
Puisque f(1)∈]−1;1[, on en déduit alors que b>0. Soit n∈N, en utilisant la relation
(E2) avec x=1, on trouve:
1−f(n)1+f(n)=bn⟹f(n)=bn+1bn−1,f(−n)=−f(n).
En prenant x=r=p/q et n=q (donc xn=p) dans la relation (E2), on trouve :
(1−f(r)1+f(r))q=1−f(p)1+f(p)=1−bp+1bp−11+bp+1bp−1=bp.
On en déduit que
(1−f(r)1+f(r))=bqp=br⟹f(r)=br+1br−1.
En utilisant la densité de Q dans R, on trouve:
∀x∈R,f(x)=bx+1bx−1.
Trouver les fonctions continues de R dans R telles que:
∀x,y∈R,f(x+y)f(x−y)=f(x)2f(y)2.
Correction
Supposons que f soit solution du problème, alors en prenant y=x dans l'équation vérifiée par f, on trouve:
∀x∈R,f(2x)f(0)=f(x)2f(x)2=f(x)4
On en déduit que si f(0)=0 alors f est l'application nulle. D'autre part, s'il existe x0∈R tel que f(x0)=0 alors en
appliquant la relation précédente on trouve que f(2x0)=0 et par récurrence, on montre que, pour tout n∈N,
f(2nx0)=0 et donc par continuité de f en 0, on a f(0)=0.
On en déduit que si f est une solution du problème alors soit f=0 soit f ne s'annule pas sur R.
Supposons que f est non nulle, alors quitte à changer f par −f, on peut supposer que f>0.
On considère l'application g définie par g=ln(f), en utilisant la relation vérifiée par f, on trouve:
∀x,y∈R,g(x+y)+g(x−y)=2(g(x)+g(y)).
En prenant y=0, on trouve g(0)=0.
Pour tout réel x, pour tout n∈N, on a g(nx)=n2g(x) (par récurrence sur n∈N).
Pour tout n∈Z, on a g(n)=n2g(1).
Pour tout r=qp∈Q, on a
g(p)=p2g(1)=g(qpq)=q2g(qp)⟹g(r)=r2g(1).
Donc en utilisant la densité de Q dans R, on trouve g(x)=x2g(1).
On trouve finalement que f soit la fonction nulle soit de la forme x↦εeαx2 avec
ε∈{−1;1}.
Trouver les fonctions f définies sur R qui sont continues en 0 et vérifiant la relations suivante:
∀x∈R,f(2x)=f(x)cos(x).
Correction
Soit x∈R∗, on a
f(x)=f(2x)cos(2x)=f(4x)cos(4x)cos(2x)
En suivant le même raisonnement, on trouve:
∀n∈N,f(x)=f(2nx)(cos(2nx)×cos(2n−1x)×⋯cos(2x)).
Utilisant le faite que sin(2a)=sin(a)cos(a), on trouve:
(cos(2nx)×cos(2n−1x)×⋯cos(2x))=2nsin(2nx)sin(x)n→∞xsin(x).
Puisque f est continue en 0, on f(2nx)n→∞f(0). Ce qui donne,
∀x∈R∗,f(x)=f(0)xsin(x).
Soit f la fonction définie sur ]−1;1[ par f(x)=x2−1x.
Montrer que f∈C1(]−1;1[).
Calculer −1+limf et 1−limf.
Calculer f′, que peut-on dire sur le signe de f′?
En déduire que f est strictement monotone sur ]−1;1[, puis déterminer f(]−1;1[).
Soit y∈R∗, résoudre l'équation y=x2−1x. Montrer que une de deux solutions trouvées est dans l'intervalle ]−1;1[.
On définie sur R la fonction g par:
g(x)=⎩⎪⎨⎪⎧2x1−1+4x20 si x=0, si x=0.
Calculer 0limg.
Montrer que g∈C(R).
Pour x∈R, Calculer f(g(x)). Que remarque-t-on?
Correction
La fonction x↦x2−1∈C1(]−1;1[) de plus elle ne s'annule pas sur cette intervalle donc
x↦x2−11∈C1(]−1;1[), la fonction x↦x∈C1(]−1;1[). On en déduit que f∈C1(]−1;1[) comme
produit de deux fonctions de classe C1 sur l'intervalle ]−1;1[.
D'autre part, lorsque x tend vers −1+ ou 1−, on a x2−1 tend vers 0−, on en déduit alors:
−1+limf=−1+limx2−1x=∞,1−limf=1−limx2−1x=−∞.
Pour tout x∈]−1;1[, on a:
f′(x)=(x2−1)2(x2−1)−2x2=(x2−1)2−x2−1=−(x2−1)2(x2+1)<0.
On en déduit alors que f est strictement décroissante sur ]−1;1[. Donc f(]−1;1[)=]1−limf;−1+limf[=]−∞;∞[.
Soit y∈R∗, on a y=x2−1x⟺yx2−x−y=0 on a alors Δ=1−4(y)(−y)=1+4y2>0 donc on a deux
solutions:
x1=2y1+1+4y2,x2=2y1−1+4y2.
Comme on a(1+2∣y∣)2=1+4∣y∣+4y2>1+4y2, on en déduit que 2∣y∣<1+4y2<1+2∣y∣ ce qui nous donne que ∣x1∣>1 et
∣x2∣<1.
Pour x=0, on a:
2x1−1+4x2=2x1−1+4x21+1+4x21+1+4x2=2x(1+1+4x2)1−1−16x2=2(1+1+4x2)−16x,
ce qui nous donne 0limg=0=g(0), donc g est continue en 0, de plus sur R∗, g est la composée et la somme et le
produit des fonctions continues sur R∗. On en déduit que g∈C(R).
Soit x∈R, d'après la construction de la fonction g, on a g(x)∈]−1;1[ donc f(g(x) est bien définie. D'autre part, en faisant
le calcule, pour x=0, on trouve:
f(g(x))=g2(x)−1g(x)=(2x1−1+4x2)2−12x1−1+4x2=1−21+4x2+(1+4x2)−4x22x(1−1+4x2)=2(1−1+4x2)2x(1−1+4x2)=x.
On considère la fonction f définie par f(x)=x+ln(1+x).
Donner le domaine de définition de f. Montrer que f définie une bijection
On note g la fonction réciproque de f. Donner le domaine de définition de g.
Montrer que g est dérivable puis montrer que g est de classe C∞.
Déterminer g(0) et g′(0).
Montrer que g admet un DL à l'ordre 3 en 0 puis déterminer son DL en 0.
Correction
La fonction f est définie lorsque 1+x>0, i.e.x∈I=]−1,∞[, de plus f est de classe C∞ sur I
comme la somme de deux fonctions de classe C∞.
D'autre part, pour tout x∈I, on a f′(x)=1+1+x1>0 donc f est strictement croissante sur I.
En conclusion, f est continue strictement croissante sur I donc f admet une fonction réciproque g définie sur
f(I)=]x→(−1)+limf,x→∞limf[=R dans I. En résumé :
g:{Rx⟶⟼Ig(x),telle que y=g(x)⟺f(y)=x.
En plus, d'après le cours g est continue strictement croissante.
Soit x∈I, on note y=f(x), alors d'après le cours g est dérivable en y ssi f′(x)=0.
Or f′(x)=1+1+x1=0, pour tout x∈I, donc g est dérivable sur R. De plus, on a
∀x∈R,f(g(x))=x⟹∀x∈R,f′(g(x))g′(x)=1⟹∀x∈R,g′(x)=f′(g(x))1=1+1+g(x)11=2+g(x)1+g(x).
Comme g est continue sur R et g(R)=]−1,∞[, alors g′ est continue sur R comme le produit de deux fonctions continues.
On en déduit que g est de classe C1 sur R (puisque g est dérivable et sa dérivée est continue).
On applique la même démarche, g′=2+g1+g, g∈C1(R) alors g′ est de classe C1 ce qui implique que g est de
classe C2 (car sa dérivée est de classe C1)....
Ainsi de suite, on montre par récurrence que g∈C∞(R,]−1,∞[).
Rappelons que g(x)=y ssi f(y)=x. Donc pour déterminer g(0) il faut chercher x∈I tel que f(x)=0. Ici c'est évident puisque f(0)=0. D'où
g(0)=0,g′(0)=2+g(0)1+g(0)=21.
Comme g est de classe C∞ sur R ( donc à fortiori au voisinage de 0), on en déduit que g admet un DL à
n'importe quelle ordre en 0.
Pour calculer le DL à l'ordre 3 en 0, il y deux méthodes: a) On calcul les dérivées de g en 0 (il faut être vraiment courageux!).
On a g′(x)=2+g(x)1+g(x) donc g′(0)=2+01+0=21, on continue
g′(x)=2+g(x)1+g(x)⟹g′′(x)=(2+g(x))2g′(x)⟹g′′(0)=81.
Puis,
g(3)(x)=(2+g(x))4g′′(x)(2+g(x))2−2g′(x)2(2+g(x))⟹g(3)(0)=2481×22−2×41×2=32−1.
Ce qui donne
g(x)=g(0)+g′(0)x+2!g′′(0)x2+3!g(3)(0)x3+x→0o(x3)=2x+16x2−192x3+x→0o(x3).b) Deuxième méthode (plus pratique), g(0)=0 et f admet un DL en 0=g(0) donc f(g) admet un DL en 0, posons
g(x)=ax+bx2+cx3+x→0o(x3) (il n'y a pas de terme constant puisque g(0)=0), on a alors pour x au
voisinage de 0,
f(g(x))=====f(ax+bx2+cx3+x→0o(x3))ax+bx2+cx3+x→0o(x3)+ln(1+ax+bx2+cx3+x→0o(x3))ax+bx2+cx3+(ax+bx2+cx3)−2(ax+bx2+cx3)2+3(ax+bx2+cx3)3+x→0o(x3)ax+bx2+cx3+(ax+bx2+cx3)−2(a2x2+2abx3)+3(a3x3)+x→0o(x3)2ax+24b−a2x2+612c−6ab+2a3x3+x→0o(x3)
Or f(g(x))=x donc par unicité de DL, on en déduit,
2a=1,4b−a2=0,12c−6ab+2a3=0⟹a=21,b=161,c=192−1
Ce qui donne finalement, g(x)=2x+16x2−192x3+x→0o(x3)
Soient n∈N∗ et fn la fonction définie sur R+∗ par fn(x)=e−nx.
Montrer que l'équation fn(x)=nx−1 a une solution unique un∈[1;∞[.
Déterminer la limite de (un)n.
Correction
On définie la fonction gn par: ∀x>0,gn(x)=fn(x)−nx−1. gn est de classe C∞ sur R+∗, et on a:
∀x>0,gn′(x)=−ne−nx−n1<0,
donc la fonction gn est strictement décroissante sur R+∗, de plus on a:
x→0limgn(x)=1+n1>0,x→∞limgn(x)=−∞.
On en déduit, en utilisant le TVI et la monotonie de gn,
∃!un∈]0;∞[,gn(un)=0⟹∃!un∈]0;∞[,fn(un)=n1(un−1).
De plus, comme gn(1)=e−1>0, on en déduit que un>1.
On a e−nun=nun−1 ce qui donne un−1=ne−nun. Or un>1, on en déduit:
0≤un−1=ne−nun≤ne−n⟹n→∞limun=1.
Soient n∈N∗ et f la fonction définie par f(x)=tan(x).
Montrer que l'équation f(x)=x a une solution unique un∈[nπ;nπ+2π[.
Déterminer la limite de (un−nπ)n.
Donner un équivalent de la suite (un−nπ)n
Correction
On définie la fonction g par: g(x)=f(x)−x. Pour tout n∈N, g est de classe C∞ sur In=]nπ−2π;nπ+2π[, et on a g′(x)=tan2(x)≥0, donc g est strictement croissante sur In. De plus,
x→(nπ−2π)+limg(x)=−∞, et x→(nπ+2π)−limg(x)=∞,
on en déduit, en utilisant le TVI et la monotonie de g,
∃!un∈In,g(un)=0⟹∃!un∈In,tan(un)=un.
De plus, comme g(nπ)=−nπ≤0, on en déduit que un≥nπ.
un vérifie la relation suivante: nπ≤un≤nπ+2π ce qui donne 0≤un−nπ≤2π.
Comme tan(un−nπ)=tan(un)=unn→∞∞, on en déduit alors que un−nπn→∞2π.
On pose vn=un−nπ−2π, on a
tan(vn)=tan(un−nπ−2π)=tan(un−2π)=tan(un)−1=un−1.
Or un∼nπ, soit tan(vn)∼nπ−1 d'où vn∼nπ−1 (car vn tend vers 0 et on a tan(x)∼x au voisinage de 0).
Il vient:
un−nπ−2π∼nπ−1⟹un=nπ+2π−nπ1+o(n1).
Soit n∈N∗. On considère la fonction fn:R↦R définie par fn(x)=xn+x−1.
Montrer que l'équation fn(x)=0 admet une unique solution dans l'intervalle ]0;1[, on notera dans la suite un cette solution.
Calculer fn(1). En déduire que la suite (un)n∈N∗ est majorée.
Calculer fn+1(un). En déduire que la suite (un)n∈N∗ est croissante.
Que peut-on dire de la suite (un)n∈N∗ ?
Déterminer n→∞limun.
Correction
La fonction fn est continue sur R et strictement croissante. De plus on a fn(0)fn(1)=−1×1<0 donc en utilisant le
TVI et la strict croissance de fn, on en déduit : ∃!un∈]0;1[,fn(un)=0.
On a un<1 car fn(1)=1 donc la suite (un)n est majorée par 1.
Soit n∈N∗, on a fn+1(un)=unn+1+un−1=unn+1−unn=unn(un−1)<0,
donc un∈]0;un+1[, ce qui donne que la suite (un) est strictement croissante.
La suite (un)n est croissante et majorée donc elle converge vers une limite ℓ∈[0;1].
Pour tout a∈]0;1[ on a ann→∞0, donc il existe N∈N∗ tel que, pour tout n≥N, on a an<1−a soit
an+a−1=fn(a)<0 autrement dit, pour n≥N,xn>a. Ce qui donne,
∀a∈]0;1[,∃n∈N∗,a<xn⟹n→∞limxn=1.
Pour aller plus loin, on peut montrer que xn=1−nln(n)+o(nln(n)).
ontrer que l'équation admet une unique solution xn∈R+∗.
Montrer que xn=n−ln(n)+nln(n)+o(nln(n)).
Correction
Soit f la fonction définie sur R+∗ par f(x)=x+ln(x). f est continue strictement croissante et de plus on a
x→0+lim=−∞,x→∞lim=∞⟹f(R+∗)=R.
En utilisant le TVI et le faite que f est strictement croissante, on trouve:
∀n∈N,∃!xn∈]0;∞[,f(xn)=n.
En faite, xn=f−1(n) (avec f−1 est la fonction réciproque de f), on en déduit que xnn→∞∞ (puisque f−1(n)n→∞∞).
Comme xnn→∞∞ alors xnln(xn)n→∞0. En utilisant la relation vérifiée par xn, on trouve:
xn+ln(xn)=n⟹1+xnln(xn)=xnn⟹xnnn→∞1.
On en déduit que xn∞∽n et puis ln(xn)∞∽ln(n). Ce qui donne:
xn=n−ln(xn)∞∽n−ln(n)⟹xn=n−ln(n)+o(ln(n)).
Pour la suite, on a:
nxn=1−nln(xn)⟹ln(nxn)=ln(1−nln(xn))=nln(n)+o(nln(n)).
Utilisant à nouveau la relation xn=n−ln(xn)=n−ln(n)−ln(nxn), on trouve finalement,
xn=n−ln(n)−ln(nxn)=n−ln(n)+nln(n)+o(nln(n)).